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STELLA
Nantes

Stella est une marque nantaise qui apparaît en 1909, et qui s’illustra surtout en course avec le recrutement en 1948 dans son équipe de Louison Bobet.
Louison Bobet remporta, entre autres, ses deux premiers Tours de France (1953 et 1954) sur des vélos Stella et son titre de champion du monde en 1954.
Auréolés de cette gloire, ils furent consacrés comme des vélos de champions.
De Stella, il reste des vélos de couleur orange, les dessins du célèbre affichiste Paul Ordner, et le logo en lettres gothiques.
Dans le quotidien Libération du 25 juillet 2003, Gilles Dhers écrit un bel article sur les vélos Stella, intitulé « Stella, le cycle qui fit équipe ».
« Certains vélos sont comme des meubles, ils doivent rester dans leur jus », professe joliment André Vincent. Ce collectionneur des choses de la vélocipédie veut dire par là que, de même qu’on ne restaure pas certains meubles pour préserver leur authenticité, on ne repeint pas certaines bicyclettes. Ainsi en est-il de ce vélo Stella, exposé à l’hôtel du département de Nantes pour l’exposition célébrant le centenaire du Tour. Le temps a mangé la peinture orange, mais un Stella, c’est sacré. Sur une machine de la marque, Louison Bobet a remporté, entre autres, ses deux premiers Tours de France (1953 et 1954) et son titre de champion du monde en 1954. Cette année-là, c’est aussi celle de la disparition de l’équipe Stella, qui avait vu le jour six ans plus tôt, fondée par Pierre Fonteneau, patron de la fabrique de cycles.
Que reste-t-il de cette équipe aujourd’hui ? «Moi», rigole Pierre Barbotin. Il fut le coéquipier, l’ami, le lieutenant de «Louison» (Bobet). Il a 77 ans et des souvenirs plein la musette. Ceux d’une équipe « qui a dérangé quand elle est arrivée », se rappelle Pierre Barbotin, que personne ne songe à appeler autrement que « Pierrot ». De Stella, il reste aussi un palmarès dans lequel ne figurent pas, officiellement, les Tours de Bobet, puisqu’à l’époque, l’épreuve se courait par formations nationales. De Stella, il reste des dessins du célèbre affichiste Paul Ordner. Il reste aussi le logo en lettres gothiques. Puis de Stella demeure la mémoire d’un homme, Pierre Fonteneau, créateur de l’équipe cycliste, ingénieur perfectionniste au caractère entier, artisan amoureux de la belle ouvrage, patron autoritaire et visionnaire dont la société ne survivra pas au tournant des années 1970.
Jeune prometteur. 1946 : la maison Stella équipe déjà en vélos quelques coureurs amateurs de l’Ouest de la France. Parmi eux, un jeune prometteur. Il est originaire de Saint-Méen-le-Grand, à quelques dizaines de kilomètres de Rennes. Louison Bobet est le crack de la région. Les performances de celui qui deviendra champion de France amateur cette année-là n’échappent pas à monsieur Guénard, représentant des cycles Stella en Ille-et-Vilaine. Il prévient bien vite Pierre Fonteneau que la région abrite un phénomène qui court sur un vélo Stella.
L’année suivante, Bobet remporte sa première victoire professionnelle, les Boucles de la Seine, et Pierre Fonteneau décide de créer une équipe professionnelle, opérationnelle en 1948. « Une équipe majoritairement nantaise et bretonne », raconte Pierrot Barbotin, au recrutement calqué sur la zone de diffusion des cycles Stella. « Nous étions la petite équipe qui faisait peur aux grosses », celles des fabricants de vélos comme Gitane ou Alcyon. Une petite équipe, insiste André Vincent : « Elle avait 12 coureurs, quand les grandes formations comme Mercier pouvaient en compter jusqu’à 30. » « On était bien préparés, on avait un vrai esprit d’équipe, poursuit Pierrot. On travaillait vraiment les uns pour les autres. »
Pour preuve de cet état d’esprit, les deux victoires de Stella, en 1948 et 1949, dans le Grand Prix de l’Equipe, contre-la-montre par équipe de 180 kilomètres… Dans un palmarès où figurent également, le Tour de l’Ouest et Paris-Roubaix, en 1949 ; le Critérium national, Paris-Tours, le championnat de France en 1950, le championnat de France et Critérium national en 1951. « Sans Guénard, Barbotin et Bobet, mon père serait resté un petit fabricant de vélos », dit Eric Fonteneau, le fils de Pierre.
Mais désormais Pierre Fonteneau ne veut plus se contenter de vendre des vélos Stella dans l’Ouest. Il vise l’Indochine, l’Algérie. Plus tard, ce sera les Etats-Unis. Ensuite, « il sera le premier à vendre dans les grandes surfaces, puis dans les catalogues », raconte Eric. L’Algérie; c’est pour y promouvoir son commerce que Pierre Fonteneau décide d’engager son équipe dans le Tour d’Algérie 1952. Pierrot Barbotin n’est pas très chaud. Il raconte : « Après deux courses à Alger et Oran, et avant le départ du Tour, l’agent Stella nous emmène visiter un petit port où nous mangeons des huîtres. Le lendemain, je n’ai jamais pu terminer la première étape, Alger-Médéa. Dysenterie amibienne. Je suis rentré en France. Le père Fonteneau était furieux. Il était persuadé que j’avais abandonné volontairement… Il voulait me faire payer le billet d’avion du voyage retour… » Sacré personnage, Pierre Fonteneau.
Vélo pliant. L’aventure de l’équipe Stella s’achève cependant en 1954. Bobet part chez Mercier. Barbotin, chez Saint-Raphaël. C’est l’époque où des marques qui n’ont aucun rapport avec le vélo investissent dans des équipes cyclistes. « Martini a approché mon père, raconte Eric Fonteneau. Mais il a refusé. S’associer avec quelqu’un qui n’était pas du milieu cycliste, pour lui c’était impensable. » Pierre Fonteneau restera cet « artisan au sens noble du terme », ce « couturier de la bicyclette ». « Chaque ouvrier avait son établi, se souvient Eric Fonteneau. On fabriquait les cadres rue Laennec, on les montait chaussée de la Madeleine.» Un mode de production pas adapté au marché américain, vers lequel, à ses plus belles heures, Stella exportait 300 vélos par an. « C’était une époque charnière. Il aurait fallu aller s’installer dans une zone industrielle, emprunter pour construire une usine, dit Eric Fonteneau. Mais mon père ne parlait pas anglais, il n’est jamais allé aux Etats-Unis, il n’avait pas de formation juridico-comptable… Mon père c’était la technique. » Et l’innovation.
Dans les années 1950, il avait équipé le vélo de ses coureurs d’un tube arrière renforcé pour éviter une perte de rendement lors des pédalages en danseuse, se rappelle Pierrot Barbotin. « Deux dizaines d’années plus tard, narre Eric, dans l’appartement familial où la table à manger servait de planche à dessin, il se lève à cinq heures du matin et réveille ma mère en disant :  » J’ai trouvé.  » » Trouvé quoi ? Le vélo pliant. Celui dont on rabattait le guidon et qui tenait dans une valise. Le pocket-bi. Pas de quoi sauver la maison Stella. A laquelle un importateur américain du genre aigrefin portera le coup de grâce à la fin des années 1970.
Aujourd’hui, l’ultime contre-la-montre du Tour du centenaire arrive à Nantes. Le parcours passe chaussée de la Madeleine. Là où étaient assemblés autrefois les vélos Stella. L’un de ceux sur lesquels, en 1953, Louison Bobet remporta le Tour du cinquantenaire ».

     Le Bon coin

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