MAISON TAMBOITE 
(anciennement LEYNAUD H. / CYCLES TAMBOITE)
20 rue Saint-Nicolas
75012 Paris
Tel 01 40 21 94 18
http://maisontamboite.fr/fr

Qui et quoi 
Artisan, concepteur, cadreur, assembleur
Vélo route, ville, enfant, utilitaire
Vélo acier
Vélo sur-mesure
Vente à l’atelier

Un peu d’histoire
« Tout a commencé avec Léon, notre arrière-grand-père, qui naît en 1879 à Ucel en Ardèche. Son père le destine à la prêtrise mais Léon est un artiste, et un homme de passion. Il veut vivre de sa peinture. En 1901 il rencontre Joséphine et, face à l’opposition parentale, s’enfuit avec elle à Marseille puis à Tunis. Ils se marient et s’installent à Paris en 1904.
C’est à Paris donc, et un peu par hasard, en se promenant avec Joséphine, qu’il visite pour la première fois le Salon du Cycle. C’est pour lui un second coup de foudre. En 1905, il rejoint la Française Diamant qui fabrique en série des bicyclettes qui comptent parmi les plus performantes de la production française de l’époque. Il en deviendra directeur.
Tout son temps libre est alors dédié à la peinture. De 1908 à 1911 Léon fréquente l’Académie Libre d’Henri Matisse au Couvent des Oiseaux, puis à l’Hôtel de Biron. Il y rencontre André Derain qui lui présentera Maurice de Vlaminck. Avec ce dernier Léon partage non seulement la passion de la peinture, mais aussi et surtout celle du vélo. Car Vlaminck avait été coureur cycliste professionnel. Vlaminck déclara un jour à Léon qu’il aurait aimé fabriquer des vélos comme on fait des sculptures, emblèmes de liberté.
C’est Léon qui réalisera ce rêve. Il s’installe à son compte en 1912, rue Dulong, entre Montmartre et les beaux quartiers de la rive droite, et lance sa toute première marque de cycles : les cycles Rich.
Les vélos sont produits dans le petit atelier attenant. Ses artisans sont des artistes de la lime et du chalumeau. La clientèle est vite conquise et, dès 1913, Léon ouvre un second magasin, au 31 de la rue des Batignolles. Puis vint la Grande Guerre et tout fût à refaire.
Démobilisé en 1919, Léon reconstruit, et produit des vélos d’exception sous sa marque Rich, bientôt aidé par son fils Henri. Les boutiques de la rue Dulong et de la rue des Batignolles prospèrent et, en 1928, le père et le fils, qui a alors tout juste 18 ans, reprennent l’affaire de Maurice Tamboite, ancienne star du Vel d’hiv et fabricant de vélos de compétition.
C’est de cette fusion que nait la Maison Tamboite qui combine, pour sa clientèle parisienne, la technique et l’esprit de compétition du vieux coureur sur piste et la recherche esthétique et l’exigence artisanale des cycles Rich.
L’atelier est installé au 173 de l’avenue de Clichy. La boutique est un peu plus haut, au 163, entre Montmartre et les Batignolles, dans le Paris des peintres et des cafés-concerts.
C’est d’abord la clientèle du quartier qui sera séduite. Et, dans ce Clichy de la fin des années folles, il s’agit souvent d’une clientèle illustre sachant, sans ostentation, combiner liberté, style et élégance dans un esprit tout parisien. En feuilletant les carnets de commande de l’époque on trouve ainsi les noms de Joséphine Baker, Marlene Dietrich, Sarah Bernhardt mais aussi Maurice Chevalier, Fréhel, Charles Trenet, Edith Piaf, Bourvil, Lino Ventura, Coluche et bien d’autres.
Si, à partir des années 70, le développement des vélos industriels a presque failli faire oublier un artisanat français plus que centenaire, l’esprit de Léon, d’Henri et de la Maison Tamboite est encore bien vivant », lit-on sur le site maisontamboite.fr/fr/histoire.
Cette marque est citée dans le Bottin du cycle 1922

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La Maison Tamboite aujourd’hui
Faire revivre une marque aussi belle et prestigieuse est le pari de Frédéric Jastrzebski dans son atelier-showroom de la Bastille à Paris, entouré de son épouse et d’un jeune cadreur responsable de la production, Hugo, un ancien de chez Cyfac.
Le sur mesure du cadre débute avec les mesures du client, taille, pointure, hauteur sous épaule, bras, jambes. Puis ces cotes sont entrées dans un logiciel de CAO afin de modéliser la personne.
Les cotes du futur client ne sont donc pas prises sur un vélo d’essai, le futur client n’essaye donc pas un facsimilé de vélo au préalable, c’est le logiciel qui s’y substitue, comme un tailleur qui les cotesmesurées, dessine son patron et assemble ses tissus. Le plan du cadre sert alors à découper les tubes, des Columbus SL ou Zona, assemblés sur le gabarit de pointage, le jig, et sur le marbre de contrôle. Hugo se sert aussi d’un marbre pour la fourche.
Les tubes sont soudés à la brasure d’argent ou de laiton, puis le cadre est envoyé au polissage, puis au chromage, puis à la peinture chez Cyfac (2 à 3 couches de peinture et de vernis), puis à l’émaillage.
Tamboite ainsi fabrique totalement ses cadres, porte-bagages, fixations, plaque, raccords de cadre, certaines visseries, et ses pattes, tous les autres composants sont retravaillés. Les éléments de montage proviennent prioritairement de France et d’Europe.
Le nombre de vélos produits reste confidentiels, les vélos sont numérotés sous la boite de pédalier et garantis à vie !
La Maison Tamboite s’est ainsi positionnée sur le créneau de l’ultra luxe, du chic parisien qui cherche à séduire une clientèle qui conçoit le vélo « comme esthétique urbaine » et veut « pédaler en ayant une allure élégante ». Un vélo comme un bijou, une montre, un sac-à-main, ou un accessoire de luxe, dans une logique de haute couture.
Comme dans le milieu de la mode, la gamme fonctionne par collection. La précédente collection visait à travailler sur le thème du vélo urbain et du porteur parisien, la prochaine sortira de la ville.
Ce travail de joaillerie se paie au prix fort avec un délai de trois mois pour la confection du vélo.
Enfin, comble du raffinement, tel le canard au sang et son certificat numéroté servi à la Tour d’Argent, un livret est donné à son propriétaire à la livraison du vélo, rappelant les phases de sa fabrication.

 Photo Encyclo  maisontamboite.fr/fr

Coup de cœur, truc du métier, anecdote : le cuir
Oh la belle matière qui accompagne si joliment le montage d’un vélo.
Il faut voir le cuir chez Tamboite comme une combinaison de matière l’associant à l’acier et au bois de hêtre verni au tampon pour les jantes et des garde-boue.
Cousus au point sellier et façonnés dans un atelier de Belleville, le cuir est partout sur les vélos Tamboite, patiné à la main, il habille guidon, antivol, câbles, selle en buffle et sacoche. Et se glisse même sous la pédale pour la ramener vers soi sans abîmer sa chaussure, et jusque dans les petits interstices du pédalier !

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